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Les archives James Bond, dossier 20: Meurs un autre jour (2002)

15 janvier 2022 13 min read

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Les archives James Bond, dossier 20: Meurs un autre jour (2002)

( 13 minutes)

Gèle, espion hydro-alcoolique !

Quotient James Bondien: 5,83
(décomposé comme suit:)

BO: 6/10
C’est la troisième bande originale d’affilée de David Arnold (qui officiera jusqu’à Quantum of Solace) et il donne cette impression de peu à peu se dissoudre dans le projet, devenant peu à peu de plus en plus respectueux de l’institution qu’il défend, et peut-être légèrement écrasé par elle. Les citations des opus historiques sont nombreux, les fulgurances plus rares.

Titre générique: 3/10
On regrette toutefois l’absence d’Arnold ici, et que Madonna et son compositeur de l’époque Mirways aient eu les mains libres pour cette chanson de générique. Pouvait-on imaginer un truc si éloigné de l’esprit de la franchise (et on mesure la difficulté de trouver une place entre tradition et nouveauté acceptable) et qui, surtout, vieillerait aussi mal. Affreux. C’est d’autant plus dommage que le générique, lui, innove plutôt dans le bon sens…

Sequence pré-générique: 6/10
Plutôt efficace, l’arrivée en surf est originale et bien réalisée (quel athlète accompli, ce James, on imagine le mec qui aurait des médailles d’or dans toutes les disciplines aux JO) la poursuite en aéroglisseur calibrée comme il se doit et, et, et… la fin détonne ! James se fait capturé ! Damned ! On innove ! On intrigue !

Générique: 7/10

Non seulement visuellement assez réussi (les scorpions, le thème du feu et de la glace) mais innovant en racontant pour la première fois dans l’histoire des Bond un élément de l’histoire (la captivité et la mise à la torture de notre héros), c’est vraiment rageant qu’il ait été à ce point ravagé par ce morceau totalement inadéquat.

James Bond Girls: 6/10
Petite déception de la part D’Halle Berry qui obtient portant une jolie statuette dorée pendant le tournage, mais qui ici semble en sur-jeu presque permanent, et avec une façon de se déplacer plus proche de la danseuse étoile que de l’espionne aguerrie. C’est Rosamund Pike qui tire son fleuret du jeu, avec un rôle à twist un peu plus convainquant.

Méchant(s): 6/10
Il n’est pas étonnant que Lee Tamahori ait pu convaincre Rick Yune que jouer Zao serait bien plus marquant qu’interpréter le méchant principal. En tout cas, la suite de la carrière de Toby Stevens, qui incarne Gustav Graves, nous montre bien que cel rôle de bad-guy en chef ne lui a pas suffit à exploiter un possible potentiel de départ. Bref, encore une fois, c’est Rosamund qui imprime le mieux la rétine avec son rôle de garce froide.

Cascades: 6/10
Joli et efficace quand il s’agit de filmer de vrais cascadeurs ou sportifs (les surfeurs), absolument hideux quand on passe au CGI. Si la poursuite en voiture sur la glace est est une vraie réussite, celle qui suit dans l’hôtel a favorisé des commentaires sur internet estimant qu’on assistait à un Fast & Furious du pauvre. Difficilement de leur donner tort.

Scénar: 6/10

La première moitié ne manque pas d’attraits et d’innovations intéressantes (James capturé, même si en même temps… what ? 14 mois sans trouver la faille ?), le voir hirsute et vulnérable est agréable, tout comme la première partie dans laquelle il agit en guerrier solitaire mu par sa seule soif de vengeance, qui revivifie son positionnement vis-à-vis de son pays. Ensuite, on replonge au fond du lac gelé de l’habituel.

Décors: 7/10
Qu’on les trouve kitchs où merveilleux, les décors qui servent d’écrins aux aventures islandaises ont au moins un atout: ils sont presque inoubliables. Transformer Cadix sous la tempête en Cuba sous la canicule est également une performance à saluer.

Mise en scène: 5/10
Au delà des coups d’accélérateurs putassiers qui ont hyper mal vieillis, en soustrayant le boulot du sempiternel Vic Armstrong de la seconde équipe (soit presque tout ce qui est action pure: aéroglisseurs, surf et poursuite sur le cas gelé), le boulot de Lee Tamahori est nerveux et colle plutôt bien aux enjeux due l’intrigue. Les effets numériques sont hideux, mais ne semblent pas avoir fait hurler à l’époque.

Gadgets: 6/10

Un peu comme les décors, LE gadget principal du film en est le fleuron inoubliable: qu’on aime ou déteste le principe de la bagnole invisible, pas vraiment possible de faire comme si elle avait pas existé. Une des idées qui ont fait que le reboot semblait la seule idée possible pour sauver la série et enrayer l’escalade vers le ridicule.

Interprétation: 6/10

En plus de ce qui a été dit plus haut au sujet des James Bond girls, on notera un Pierce qui fait plutôt super bien le job dans la première partie (on sent qu’il s’amuse), et des méchants qui pêchent par les contraintes dont ils sont affublés: un maquillage glaçant pour Yune (Zao) et un schyzophrénisme étouffant pour Stephens (Graves).

JAMES BOND ROUTINE:
– Drague: Encore un service minimum. Un coup d’œil à l’infirmière après son retour à l’ouest, une masseuse d’hôtel qui se refuse pour les bonnes raisons, Rosamund qui en fait se joue de lui… Ne reste que Halle Berry, sur la longueur. James a déjà fait beaucoup mieux, qu’on se le dise.
– Plus loin que le bisou ? Que miss Frost, puisque Jinx garde ses sous-vêtements dans la paresseuse scène finale.
– Bravoure: Finalement, vouloir retourner en Corée du Nord après y avoir passé 14 mois d’enfer est plutôt courageux, convenons-en.
– Collègues présents: Pas d’autre 00 par ici.
– Scène de Casino ? Pas cette fois.
– My name is Bond, James Bond: Au méchant, dans la salle d’escrime.
– Shaken, not stirred: Pas vraiment. Tout juste dans l’avion, lâche-t-il un « heureusement que je l’avais demandé secoué » à l’hôtesse. Et sur la plage, il boit un Mojito. Sacrilège.
– Séquence Q: Cleese a remplacé Llewelyn, la scène est sobre dans la station de métro désaffectée, et se conclue par « c’est vous qui devriez disparaitre » presque agressif.
– Changement de personnel au MI6: R est devenu Q
– Comment le méchant se rate pour éliminer Bond: trois fois, en parlant trop au lieu de tirer direct. Une première fois, James s’en tire avec sa montre, la deuxième avec sa bague, la troisième en tirant sur la poignée du parachute de Graves.
– Le même méchant tue-t-il un de ses sidekicks ? Non. James s’en charge très bien tout seul.
– Nombre d’ennemis tués au cours du film: 23
– Punchline drôlatique après avoir éliminé un adversaire ? « Sauvé par le gong » puis « et toi à la gravité » (après que Graves lui ait dit qu’il était temps pour lui de se confronter à la réalité).
– Un millésime demandé ? Bollinger 61
– Compte à rebours ? Un, presque furtif, mis en place par Jinx dans la clinique de Cuba pour faire diversion.
– Véhicules pilotés: Un surf, un aéroglisseur, un treuil et une voiture.
– Pays visités: Corée du Nord, Cuba, Islande
– Lieu du duel final: Un avion en perdition très mal illustré par une image de synthèse balbutiante.

– Final à deux dans une embarcation perdue en mer ? Non, on finit dans un lit bien classique… Mais au bord de la mer.

PRÉ-PRODUCTION

Barbara Broccoli, fille de l’ancien co-producteur historique des James Bond, est toujours à la recherche du prochain sujet qui servira de point de départ du James Bond suivant. Plus en tout cas que son demi-frère et associé, Michael G. Wilson qui est plus intéressé par les aspects développement des idées. Barbara prend donc acte de la fin définitive des menaces liées à la guerre froide, et se demande quel coin de la planète représente le plus de mystère et de danger. Preuve d’une certaine stabilité dans le monde depuis 20 ans, la Corée du Nord portait déjà en tête des destinations inhospitalières pour un agent secret de l’occident.

La collaboration sur l’opus précédent s’étant bien passé, le couple de producteurs refait appel aux mêmes scénariste que pour James Bond 19, Wade et Russell. Brosnan, qui achève le quatrième film de son contrat (qu’il songe déjà à prolonger), insiste pour que l’histoire soit plus riche pour lui permettre de montrer d’autres choses. Toute l’idée de sa détention en Corée va partir de là. Il pourra jouer un héros plus déchiré et complexe, et pourquoi pas, au moins le temps de quelques scènes, plus ambigu.

Alors que le scénario a commencé à être développé depuis l’été 2000, Lee Tamahori est choisi en juillet 2001. Son âme des guerriers, sorti six ans avant, a tapé dans l’œil de Barbara Broccoli. Lee ne met que quelques secondes pour se décider. La mention « rien que pour vos yeux » sur la version du script qu’il reçoit, et la première page qui mentionne des surfeurs approchant la Corée à la tombée de la nuit l’enthousiasment immédiatement.
Le fait qu’il soit néo-zélandais, comme Martin Campbell, plait beaucoup à Brosnan. C’est rapidement l’unanimité autour du nouveau réalisateur.

Les événements du 11 septembre perturbent les repérages prévus autour du globe, et modifient déjà quelques idées du scénario, qui tient forcément compte de ce genre de bouleversement du monde.
C’est le James Bond n°20, et les 40 ans du tout premier Bond, il est donc prévu une petite série d’hommages à la série (chose qui se développera de plus en plus dans les épisodes suivants), et on ressort des gadgets de Bons baisers de Russie pendant la séquence Q, désormais interprété par John Cleese.
L’intérieur du palais des glaces est directement inspiré d’Ice-hôtels visités en Suède. On remplacera juste la glace par du plastique translucide pour tourner tranquillement dans cet environnement. Le choix de Cuba pour la clinique de thérapie génique est fait en fonction des rumeurs sur le sujet en ce début de 21ème siècle, qui place le système de soins dans ce pays communiste tout en haut des techniques de pointe, pas toujours permises dans le monde capitaliste.
Le casting se fait complètement à l’arrache, ni Berry, ni Pike ni Stephens n’étant chois à quatre semaines du début du tournage. Le grand méchant, avec sa personnalité double ayant rebuté certains candidats (on se demande d’ailleurs bien qui).

Le titre trouvé un peu au dernier moment, s’inspire de la technique de Flemming (selon Michael G.Wilson) en découpant un dicton populaire. Ce sera donc la moitié de « ceux qui fuient meurent un autre jour ».

TOURNAGE

La scène de scène de surf est évidemment tournée à Hawaï (et en janvier, sur la plage nommé « shark », en hommage à un ancien méchant célèbre de la série ?) par des pros de la glisse (Laird Hamilton et Don King -le photographe surfeur, pas le producteur de boxe…- ). Côté studio, on commence par les séquences Q, les premières depuis la disparition de Desmond Llewelyn (voir dossier précédent). L’émotion est palpable sur le plateau.

Lee Tamahori découvre rapidement le « secret honteux » de la série, à savoir que le réalisateur principal ne quitte jamais un périmètre de 20 kilomètres autour des studios Pinewood, pendant que le réalisateur de la seconde équipe (Vic Armstrong, toujours) crapahute aux quatre coins du globe. La suite lui donnera tort puisqu’il connaitra les désagréments d’une météo très capricieuse en Espagne au moins d’avril. Le ciel est gris et bas, il fait froid et il pleut, difficile de faire croire que nous nous trouvons à Cuba en été. Sur le point de repartir et chercher en catastrophe un nouveau spot, le ciel se dégage sans que vraiment la température ne remonte: Brosnan et Berry joueront donc leurs scènes (comme celle de la sortie de la mer, en hommage à Welsh) légèrement frigorifiés.

Un tournage impliquant Brosnan sans qu’il ne soit blessé n’est pas un vrai tournage Bondien. C’est cette fois pendant une prise qu’il se fait mal au genou en sautant dans un aéroglisseur (de la scène pré-générique), par la faute d’un bête manque d’échauffement. Suivi médicalement, il va aggraver sa blessure quelques jours plus tard en glissant sur le sol mouillé de la clinique cubaine. Cette fois, l’opération est obligatoire, il part aux états-unis pour ce faire, et pour la première fois dans l’histoire des tournages de la saga, le tournage sera interrompu une semaine. Bien vite, on reprend cependant avec tous les plans qui n’impliquent pas l’acteur. Comme un sportif de haut niveau, Pierce se rétablit étonnamment vite et revient dans le délais le plus court imaginé par les médecins les plus optimistes, un peu à la surprise générale. Il faudra cependant reprendre quelques semaines plus tard certains plans, car on se rend compte à l’image qu’il boite légèrement.

Pendant son absence des plateaux, c’est le lac Islandais qui donne des sueurs froides à la production, puisqu’il refuse de geler aux dates où d’ordinaire il le fait (le réchauffement climatique commence à être palpable déjà à l’époque, puisque d’ailleurs même le méchant l’évoque à l’écran). Alors qu’on envisage toute sorte de solutions de remplacement, le lac se fige de manière quasi-miraculeuse pour un mois février et tout sera tourné en moins de trois semaines, juste avant que tout ne dégèle presque aussi rapidement que c’était arrivé. L’équipe de Vic Armstrong a eu une impression de miracle.

Halle Berry s’amuse d’autant plus qu’elle passe ici à un rôle totalement différent de son tournage précédent, A l’ombre de la haine. C’est d’ailleurs pour ce dernier film qu’elle effectue un aller-retour express jusqu’à Los Angeles pour recevoir l’oscar de la meilleure performance féminine, face entre autre à Judi Dench, et elle est alors première actrice noire à recevoir cette récompense depuis… Hattie McDaniel, qui l’avait reçue pour son rôle de servante dans Autant en porte le vent en 1940.
Une poussière dans l’œil reçue à la suite d’un impact de balle, occasionnant la prescription de quelques gouttes à s’administrer le soir même, se transforme en mutilation irrémédiable dans la presse à sensation anglaise, ce qui lui permet de mesurer l’impact énorme qu’à Bond dans les médias anglo-saxons.

La grande scène de duel au fleuret subit deux transformations importantes pour paraître plus dans l’air du temps (en pleine époque de Matrix et de Tigre et Dragons): on passe presque directement au sabre puis au glaive, et on décide de tourner en 22 images par secondes, afin de rendre le tempo plus rapide lorsque la projection repassera aux traditionnelles 24/secondes. Les tout chorégraphie par le maître d’amis Bob Anderson, qui entre autre bossé sur Star Wars et le Seigneur des Anneaux (en plus d’avoir été un cascadeur dans Bons baisers de Russie).

Puisqu’il s’agit de la dernière apparition de Samatha Bond dans le rôle de Moneypenny, les scénaristes ont l’idée de cette scène en réalité virtuelle pour lui permettre d’enfin franchir le cap avec James, et étonner pendant quelques secondes le public.

Funfact ultime: l’appareil Antonov qui était prévu pour les plans extérieurs de l’appareil se fait voler quelques jours avant que la production n’en ait besoin (apparemment par la mafia russe, assez virulente en ce début d’années 2000). L’avion de remplacement qui est trouvé en Ukraine, ça une s’invente pas, porte le matricule… UR007.

POST-PRODUCTION

Rétissante à faire appel au numérique car contraire à l’esprit des Bond, la production accepte pleinement le principe au cours de ce tournage. Alors que GoldenEye, sept ans auparavant, avait péniblement admis 150 plans assez furtifs, ce sont cette fois pas moins de 500 plans qui sont confiés à l’équipe des effets spéciaux et destinés à accueillir l’assistance de l’ordinateur. Et comme on va le voir, la chose n’était pas encore parfaitement maîtrisée…
Par ailleurs, le choix du montage rapide et nerveux est acté, avec usage des accélérations de plans, particulièrement à la mode autour de l’an 2000.
David Arnold, à la composition, participe à cette idée globale de modernité à marche forcée, à l’aide de sonorités plus agressives pour coller au concept découpé de l’intrigue.

L’avant-première à Londres se passe excellemment bien, les premiers retours publics et critiques sont dithyrambiques, et les résultats confirmeront rapidement l’enthousiasme général. Avec 432 millions de dollars de recettes, le film est le plus rentable de toute la franchise à date.

Devant un tel succès, Pierce Brosnan, qui hésite un peu parce qu’il a conscience qu’à 49 ans, la retraite d’agent secret ne doit pas être exclue, entreprend néanmoins les négociations de prolongation (pour un ou deux films) avec, pense-t-il un certaine position de force.
Et c’est là où nous devons rendre hommage au couple de producteurs, Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, pour ne pas s’être laissé emportés par l’euphorie ambiante, et en réalisant que la voie empruntée par Meurs un autre jour amenait à une impasse, aussi lucrative qu’elle se soit montrée.

Ils décident donc de repartir de zéro (un reboot !) et ils mettent fin aux négociations brutalement.
Brosnan aura été éjecté aussi brutalement qu’il avait débarqué dans la série.
Pour une série de quatre films qui auront laissés les fans divisés.

Le clin d’oeil: Quand James rend visite à son contact cubain, son regard se pose sur un livre portant le titre A Field Guide to Birds of the West Indies, écrit par un certain… James Bond. C’est ni plus ni moins que LE livre qui a inspiré Fleming pour nommé son héros.

Toby STEPHENS (Gustav GRAVES), Rosamund PIKE (Miranda FROST), MADONNA (Verity), Pierce BROSNAN (James Bond) Réalisation: Lee TAMAHORI

LA CAUSERIE FINALE AU COIN DU FEU D’ONCLE NESS
(feu déclenché par l’explosion de l’usine d’armement clandestine qu’il quitte en aile volante, en sautant de la falaise contre laquelle l’usine était située, tenant ferment la guide Kazakh qui lui avait permis de venir juste là discrètement. Et s’il ne comprend l’idiome local, il croit clairement lire dans ses yeux les mots « sauvez-moi, je vous aime » alors qu’ils s’éloignent ensemble furtivement, serrés l’un contre l’autre, dans une nuit pale aux reflets rougeoyants)

A de nombreux points de vue, Meurs un autre jour fait partie de ces épisodes clefs qui ont contribué à modifier la trajectoire de la franchise. Ce qui est évident à percevoir 20 ans après ne l’était certainement pas aussi facilement au moment de la sortie. Que ce soit par lucidité artistique ou par intuition foudroyante, les gardiens du temple ont compris la nécessité de tout changer à la suite de cet épisode, au risque de disparaitre.
Pas disparaitre d’un point de vue immédiatement financier, puisque cet épisode constituera un record de bénéfice (et c’est ce en quoi la qualité de jugement est complètement à saluer) mais d’une perspective autrement plus essentielle: celle de l’ADN de Bond. La série a toujours su, d’une manière ou d’une autre, marquer son époque, face à la concurrence pléthorique des films d’action qui, dans sa grande majorité, avaient sur prendre le virage numérique plus rapidement et plus qualitativement. Dans cette optique, la franchise ne pouvait plus rivaliser. Il allait falloir se réinventer, du tout au tout, et conquérir de nouveau horizons.
Et repartir d’une page blanche (ce qui fera l’objet du dossier 21).

En attendant, ce James Bons 20 est un film bancal et hétérogène, avec des excès marquants et de réelles qualités plus discrètes.
Toute la première partie ne démériterait dans aucun autre opus de la série, et prend de petits risques qui annoncent ce qui sera fait de manière bien plus radicale par la suite: Bond devient faillible, vulnérable… en un mot plus humain, sans que, et même au contraire, le mythe ne soir écorné.

C’est par sa volonté de modernité mal assumée que le film a le plus mal vieilli aujourd’hui. L’archi-célèbre scène où il surfe sur un tsunami n’est que l’écume oblitérante de cette vague de course à l’armement numérique que la production a précisément subi. Le montage et les effets d’accélérations sont mieux utilisés depuis un moment dans les films asiatiques innovants, les poursuites font désormais plus de bruit dans F&F (dont le premier film sors un an avant).
En gros, Bond essaie de rattraper un ici un retard déjà impossible à combler alors qu’il a pendant longtemps été le précurseur en terme d’action et de moments inoubliables. Aller plus loin et tenter de refaire son retard condamnait au ridicule et à la parodie, ce que certains de ses concurrents ne se sont pas gêner de faire.

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