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-22,7° : des nouvelles du froid

22 février 2018 2 min read

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-22,7° : des nouvelles du froid

( 2 minutes)
© D.R.

Le 16 février dernier est sorti un album de musique électronique dont la genèse est toute particulière, pour ne pas dire originale. Originale aussi par le croisement des médias qui le compose. En effet, en plus de la musique, un recueil de textes et de photos ainsi qu’une série de vidéos et d’expériences en réalité virtuelle accompagnent le disque.

Romain Delahaye, alias Molécule, est parti en expédition au Groenland pendant un peu plus d’un mois, récolté les sons qui lui permettraient de composer sa musique sur place. Aucune modification n’a été apportée après son retour. Voyage au cœur de ce projet singulier.

Sound of silence

Tout part d’une idée de silence. Molécule explique au magazine Society qu’il est fasciné par le désert : « J’ai donc opté pour le Grand Nord, le Groenland. Ce qui me plaît, c’est le froid, le blanc et le côté monochrome du lieu. » Avec le caméraman et réalisateur Vincent Bonnemazou, il part donc plusieurs semaines s’immerger dans un village inuit avec du matériel de prise de son et son matériel de création musicale.

Le froid n’est presque rien : « Une fois arrivés sur place, on s’est dit : “Qu’est-ce qu’on fout là ?” On ne s’attendait pas à tout ça. Ce qui est sûr, c’est que tout seul, j’aurais pété les plombs. Les conditions de vie et le contact avec la population nous ont déroutés. » A cette époque de l’année, il faut composer avec les 3 petites heures d’ensoleillement par jour et dire que la barrière est culturelle est un euphémisme. Quand bien même les difficultés inhérentes à ce choc culturel et naturel peuvent paraître bloquantes , l’inspiration s’impose d’elle-même, « la musique est venue toute seule« .

Cold machine

Quand je parle du froid qui n’est presque rien, il faut toutefois imaginer que les machines peuvent être prises de délires quand leur fonctionnement optimal impose des conditions normales de température et de pression. Mais paradoxalement, ça peut être un élément de création : « Il y a un morceau que j’ai composé avec tous les bugs des machines que j’utilisais sur place. Les enregistreurs, avec le froid, avaient un comportement très étrange. Ils étaient complètement déréglés. Ça donne des genres d’artéfacts sonores. Le froid a une incidence très concrète sur la musique. »

L’album est très homogène. On retrouve le son assez sombre qui fait la patte de Molécule. Son précédent projet, 60°Nord 43′, enregistré sur un chalutier en pleine mer, donnait déjà dans une techno dark minimaliste mais tellement léchée. Ici, l’atmosphère unique du silence arctique se ressent dans les interstices des tracks. Les bruits de banquise, les hurlements de chien et le feulement du vent composent une bande son extrêmement attirante bien que terrifiante. « Ma musique est une photographie du Groenland. Je voulais m’y confronter, vivre quelque chose qui me dépasse« .

Laissez-vous envelopper par la toute puissance polaire de -22,7°. Voici une exclu Trax Magazine, une courte video making off de la création de l’album.

MOLECULE – BEHIND -22.7°C

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Molécule sur Society et visitez les différentes pages du musicien pour s’immerger un peu plus dans son univers : molecule.works

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