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The Beatles, une histoire en 13 disques (chapitre 3)

30 octobre 2019 5 min read
Beatles Part 3

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The Beatles, une histoire en 13 disques (chapitre 3)

( 5 minutes)

Les garçons prennent les charts d’assaut (Hard Day’s night – 1964)

George:

Ils sont bien gentils, avec leurs idées par milliers en studio, mais y a quand même un moment où je me demande comment on va faire sur scène ! Je prends qu’un exemple (bon, ça restera entre nous, OK ?): le petit solo de Hard day’s night. Y un moment où les notes s’enchaînent hyper vite, hein ? Bon, et ben moi, j’y arrivais pas. Du coup, j’ai joué les notes lentement, et ils ont accéléré le tout au mixage. Total, quand on la joue devant du public, le passage fait un peu tout foireux. C’est malin.

Côté compo, pareil: Paul et John ont refusé ma proposition. Juste John m’a laissé généreusement chanter l’une des siennes. Royal.
Y a au moins un terrain ou j’ai rattrapé les choses. J’étais quand même jusque là le seul célibataire de la bande. Mais au cours du tournage du film, j’ai rencontré Patti, pendant les scènes du train. Elle est absolument terrassante de charme. Si elle m’inspire pas une ou deux chansons inoubliable, je veux bien me faire moine.

Ringo:

Ça me fait bien marrer, tout ce qu’on lit dans la presse sur nos disques ou nos chansons, après coup.
Le truc qui me fascine le plus chez John et Paul, c’est leur capacité de pondre des trucs dans l’instant. Le morceau-titre du disque et du film, ils l’ont fait en quoi… cinq minutes ? Avec une faculté très forte à recycler ce qui les entoure, quand même. Parce que l’expression hard day’s night, elle est quand même de moi ! Pas pendant le tournage, comme je l’ai lu ici ou là. Ça date de la fin de l’année dernière. Une expression comme je les affectionne, et que John a déjà réutilisé dans le bouquin qu’il vient de sortir. Côté jeux de mots idiots, on est sur la même longueur d’onde.

De toutes façons, j’ai l’habitude d’être pillé ! La réponse à la question “are you a mod or a rocker ?” par “i’m a mocker !”, elle est bien de moi. Alun Owen nous a consciencieusement écouté pendant des semaines avant d’écrire ce scénario qui nous ressemble plutôt bien.
Autrement, j’ai juste eu une alerte terrible, quand il a fallu que je reste cloué dans un lit d’hôpital pendant que les copains s’envolaient en Australie. D’abord parce que ça me rappelait un peu trop ma triste enfance, et surtout parce que j’ai eu peur qu’ils me fassent le même coup qu’à Pete. Mais Jimmy Nichol a assuré comme il faut et les copains avaient l’air trop content de me voir les rejoindre. Ça rassure et ça fait chaud au cœur.

(Au fait, j’allais oublier: pendant le tournage de la scène du concert, dans le film, il y avait un des petits jeunes, qui joue un figurant dans le public, qui m’a assuré vouloir faire carrière à la batterie. Sympa comme tout. C’était quoi, déjà, son nom ? Phil quelque chose. Hmmm… Collins, je crois)

Paul:

Je crois que la comédie n’est pas ma tasse de thé. Je veux dire, faire l’acteur, c’est pas mon truc. On avait chacun sa scène dans le film (même Ringo a tourné la sienne avec une gueule de bois phénoménale, au bord du canal avec son appareil photo) et ils ont sucré la mienne au montage, tellement j’étais… moyen.
Pourtant, Alan avait fait gaffe a ne pas excéder 6 à 8 mots par réplique.

M’en fout, mon truc reste la musique. On se plaignait du rythme de fou à l’occasion du disque précédent ? Mais c’était rien, les gars ! Foutrement rien !
Des preuves ? Janvier, trois semaines à Paris (à l’Olympia, avec une certaine Sylvie Vartan et Trini Lopez), pendant lesquelles on apprend qu’on a enfin notre n°1 aux Etats-Unis ! Et là, tout s’enchaîne. On part là-bas (pour le coup Brian avait tout bien préparé et le timing était quasi-parfait), on remplit les scènes, on fait la plus grosse audience de l’histoire de la télé (devant ou derrière l’assassinat tout frais de JFK ? L’histoire tranchera) à l’Ed Sullivan’s show en Février. Le mois suivant, on truste les 5 premières places des charts US, en avril on enregistre le disque tout en tournant le film… Avant d’attaquer notre première tournée mondiale devant des foules hystériques (l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais quelle folie absolue !!), et de sortir le film et le disque. Je rêve de vacances.

John:

Le succès est un terrible euphorisant. J’ai l’impression de ne m’être jamais senti aussi bien. Aussi productif. Aussi leader de mon groupe.
Qu’ils aient eu envie de publier un recueil de mes écrits est un signe. OK, sans les Beatles, ce ne serait sans doute jamais arrivé, mais quand même. Ils auraient pas publié un conglomérat des pensées de Ringo, soyons sérieux. Cela dit, précisons que tout cela ne suffit pas à me rendre à l’aise quand je dois participer à une soirée d’auteurs guindés dans un salon Victorien.
Sur les 13 morceaux de la B.O. du film, je suis quand même le compositeur ou inspirateur principal de 10 d’entre eux. Tout n’est pas génial, loin s’en faut, je m’amuse même à rendre hommage à certaines de mes inspirations (Carl Perkins, Wilson Pickett, par exemple) mais y a quand même des trucs dont je suis assez content. “If I fell”, par exemple. L’accord de base m’inspire pas mal, et j’essaierai d’en écrire d’autres dans cette veine.
Non, le truc, c’est que Paulo, même s’il n’en a écrit que trois, ce sont trois tueries. “And I love her” inspiré par Jane est une ballade simple mais sublime, tout comme “things we said today”, qui vous arrache un vague à l’âme instantané. Mais le clou, c’est quand même son “can’t buy me love” qui est peut-être ce qu’on a fait de plus fulgurant jusque là. En tout cas en terme de ventes.
Va peut-être falloir que j’écrive un peu moins mais mieux. Il me tire vers le haut, ce con !

Bon, là, on vient de repartir pour notre nouvelle tournée aux U.S.A, et les débuts sont fracassants. A New-York, on a reçu la visite de Bob Dylan.
Bob Dylan, mec !!
On a fumé des cigarettes qui font rire, et je crois que cette herbe est faite pour nous ! Ça nous ouvre des horizons encore plus fous en terme d’écriture et de créativité. Avec Paul on a eu des tonnes d’idées débiles, en rigolant comme des fous.

Du coup, j’attends la suite avec envie et impatience.

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