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The Beatles, une histoire en 13 disques (chapitre 5)

13 novembre 2019 5 min read

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The Beatles, une histoire en 13 disques (chapitre 5)

( 5 minutes)

Génies en herbe

Paul:

Hier, tous mes problèmes semblaient si loin. Maintenant, j’ai l’impression qu’ils sont là pour un moment. Oh, je crois en hier.
…C’est quand même autrement plus claquant qu’œufs brouillés, non ? Non parce que “œufs brouillés”, c’était le titre de travail du morceau dont je suis le plus fier depuis que je compose. J’en ai dégoûté les autres des omelettes. Ce qui est dingue, dans ce morceau, c’est que je me suis réveillé un matin avec l’air en tête, et j’étais tellement persuadé que c’était quelque chose d’existant, que je fais le tour de Londres pour demander partout si quelqu’un connaissait.
George Martin a eu cette idée d’orchestration avec instruments à cordes. C’est vrai c’est classieux. Ça ne m’empêche pas de la reprendre seul à la guitare acoustique sur scène. Même pas peur.

Autrement, j’ai aidé John pour “Ticket to ride” en plaçant la batterie. Mine de rien, c’est pas rien.
3m30, la chanson la plus longue du disque ! J’ai entendu John raconter qu’il avait inventé l’expression quand les putes à Hambourg recevaient le feu vert de la part des médecins. Possible. Me souviens plus.
De toute façon, je me souviens plus de grand chose, en ce moment. Faut dire qu’on fume un peu comme des pompiers, tous. George et John sont même allés plus loin, ils commencent à me mettre la pression avec leur acide.

John:

Ouais, au secours. Il faut que je me sorte de cette période “Fat Elvis” (qu’on a rencontré, tiens !). Je mange trop, je bois trop, je fume trop. Je prends même des acides maintenant. Quelle expérience géniale. Dire que ce machin est en vente libre !
Je suis complètement dépassé par tout ce qui arrive. Je me demande si je perds pas un peu le contrôle. L’autre truc qui me rend fou, ce que pour contrebalancer tout ça, je me calfeutre à la maison avec Cynthia (pour qui vient d’être créé un fan-club avec magazine, rien de moins !) où je viens d’écrire mon deuxième recueil, mais je sens que je m’éloigne du cœur de la ville et des évènements, alors que Paul, qui vit avec Jane, reste au centre de tout ce tourbillon artistique.
C’est peut-être pour ça qu’on a commencé à prendre des acides, avec George. Le dentiste qui nous a fait tester ça, la première fois, ne savait pas à quel point cela allait nous bouleverser. Ça nous a rapproché, avec George.

Avec “you’ve got to hide your love away” (j’aime particulièrement bien la scène qui l’illustre dans le film qu’on vient de finir), je crois que j’ai atteint le sommet, le pic, de ma période Dylan.
J’espère que Brian aura capté que je m’adressais à lui, en tout cas.
J’ai essayé un instrument de fou, l’autre jour. Ça s’appelle un mellotron. Il me faut en obtenir un absolument !

Au fait, il parait qu'”ils” veulent nous décorer de la médaille MBE. Members of the British Empire ! T’imagines ? Je sens déjà les vieux croulants ronchonner. Ha ha ! Rien que pour ça…

George:

Enfin une deuxième chanson acceptée ! Et même une troisième, dans la foulée ! Cela dit, je ne suis pas complètement sûr que c’était pas pour boucher les trous pour finir le disque (qu’ils ont dû encore écrire dans l’urgence, et avant même d’ailleurs qu’on en connaisse le scénario).

Paul et John s’éloignent. Non seulement ils commencent à écrire leur trucs chacun dans leur coin, mais tout les sépare en ce moment. Quand l’un habite en plein centre, l’autre s’est perdu en banlieue. Je commence à me sentir plus proche de John. Faut dire que le taxi qui vole, l’ascenseur en feu, ça soude comme expérience.

Il s’est passé un truc rigolo, pendant le tournage de Help ! Un moment pendant une scène se passant dans un restau indien, j’ai bloqué sur un instrument de ce pays. Ils appellent ça un Sitar. J’ai immédiatement flashé sur le truc. J’ai une envie folle d’apprendre à en jouer.

Ringo:

Je suis sans doute le moins essentiel dans l’entité Beatles, mais en tout cas, côté cinéma, ils ont compris qui tenait le haut du pavé ! Après Hard day’s night, Richard, le réal, a pas hésité: le personnage principal de Help ! c’est bibi ! Cool, je me dis que si on arrête de jouer, je pourrai toujours faire l’acteur.

Notre troisième tournée aux U.S.A. a été un petit bonheur. On commence à y avoir nos marques. On a rencontré Elvis, chez lui et même fait un petit boeuf (enfin, surtout les trois autres, moi je tapotais distraitement l’accoudoir du fauteuil, faut dire que je ne partage pas leur admiration béate). On a aussi fait potes avec les Byrds.

Et puis on a joué au Shea Stadium. 56000 places ! Le plus grand concert jamais joué.
Si 30 personnes ont entendu ce qu’on a joué, c’est beau. Je crois qu’on a dû mettre 3 semaines a retrouver l’usage de nos oreilles après ces séances de hurlements stridents ininterrompus.
Hollywood-bowl, c’était grande classe aussi.
Je viens de me marier avec Maureen. Ça aussi, c’est top. Elle me permet de rester un peu les pieds sur terre. Je la connais depuis longtemps, depuis les années Cavern (enfin, on se connait même depuis l’enfance). Ça semble si loin la Cavern ! Ce n’était pourtant qu’il y a trois ou quatre ans. Une éternité.
De toute façon, il peut se passer à peu près n’importe quoi, moi je m’éclate.

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